Dans le site
Dans les actus

 

Appel à Candidature
pour la composition de la
Commission Electorale
de la FFTA.

Conditions de candidature

A lire
Procès verbal Assemblée Générale 2013

Flash Infos DTN N°88 Mai 2013

Calendrier 2013
Téléchargement

Calendrier 2014 provisoire
Téléchargement

Kit Promotion FFTA
Bon de commande

 

Communication et Médias > Interview Pierre-Julien Deloche

'Organisation et persévérance' : la théorie de Pierre-Julien Deloche

A 28 ans, Pierre-Julien Deloche est sur le point de rentrer dans le cercle très fermé des meilleurs archers du monde. Récemment couronné champion d’Europe par équipe de Tir en salle arc à poulies avec ses coéquipiers Dominique Genet et Christophe Doussot, 4ème individuel, 2010 serait-elle une année phare pour le sociétaire des Archers du Rhodia ? La saison de Tir en extérieur et ses nouveaux règlements à l’international arrivant à grands pas, le « capital confiance » de Pierre-Julien Deloche est d’ores et déjà là…

Propos recueillis par Jean-Denis Gitton
Crédit photos : JDG / FFTA, Laurent Paillet

C’est en 2007 que tout a commencé pour toi en équipe de France arc à poulies : quel a été ton parcours jusque là?
A l'âge de neuf ans, j'avais pratiqué le tir pendant deux ans en arc à poulies exclusivement puis arrêt. Dix ans plus tard je reprenais une licence au club de Toulon. En 2005, l'arc club Gardéen m'initiait à la compétition nationale avec la DNAP, et à cette époque, Jérôme Delplace décrochait la médaille d'argent par équipe aux championnats d'Europe en salle 2004 à Sassari, déclic : j'ai eu envie de suivre le même chemin. J'étais alors affecté au Centre de sauvetage d'Ajaccio en Corse et je m'entraînais dans une coursive du hangar hélicoptère avec les mouettes comme coéquipières, elles sont toujours vivantes je précise ! Lors de la saison salle 2006-2007, j'ai atteint la 3ème place du classement national pour être ensuite sélectionné pour les championnats du Monde en salle en Turquie. Je suis revenu avec une 6ème place, une médaille d'argent et un record du Monde par équipe, de quoi me donner envie de rester ! Depuis le début, j'ai un soutien énorme de ma famille et de mon entourage, sans lesquels je ne serai pas arrivé jusque là, et sans lesquels je ne pourrais pas continuer. A aucun moment je ne suis seul, le but est de toujours faire de son mieux et de repousser les limites : avoir le désir chevillé au corps de vivre un rêve pour l'offrir à ceux qui m'aident.

Quel est ton rythme d'entrainement?
J'aime beaucoup repousser mes limites et continuer l'entraînement quand je commence à chauffer, à tétaniser, à trembler... D'ailleurs, Sébastien Brasseur est un excellent partenaire à ce jeu, et ce sont de belles parties qui sont disputées quand on a l'occasion de se voir en dehors des compétitions ! Ainsi, je peux passer des heures de tir jusqu'à plus soif, cela peut aller jusqu'à 6 ou 7h d'entraînement non-stop, question de plaisir mais il faut s'organiser. Le CNSD (Centre National des Sports de la Défense) et le CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage en mer) aménagent mon emploi du temps pour les stages et compétitions et en dehors de ceux-ci. Je m'entraîne lors de mes jours de repos physiologiques après des permanences de 24 ou 48 heures au centre principal de sauvetage en mer Méditerranée, situé à La Garde. En salle, il m'arrive de tirer seulement 2 fois dans la semaine et faire une compétition le weekend. Je joue plus la carte du calme, c'est un univers plus stressant. En FITA, la condition physique est un critère de réussite indéniable pour tenir sous les conditions météorologiques, tant la chaleur que le froid, la pluie et le vent, le tir est aussi plus énergique. Je travaille plus dur qu'en salle, le rythme d'entraînement change et peut atteindre 20h de tir et mille flèches dans une « grosse » semaine.

Si tu devais te décrire en deux mots, lesquels choisirais-tu et pourquoi?
Organisé et persévérant. Organisé : j'ai besoin de tout planifier pour être serein, un prolongement d'habitude professionnelle. J'aime savoir que tout est au clair, afin de pouvoir me détacher mentalement sur autre chose, travailler au service des gens de mer, m'entraîner ou me reposer la tête vide. Cela me permet aussi de ne rien laisser de côté dans ma vie privée, sportive et professionnelle. Je bénéficie d'un soutien sans faille de mes acteurs professionnels (CNSD, CROSSMED) pour mener à bien ma barque, c'est un milieu particulier, d'urgence diurne mais aussi nocturne, surtout lors de la saison estivale. Il me faut toujours optimiser mes temps de repos pour rester 'opérationnel' tant dans le domaine du sauvetage que dans le sport de haut niveau. Persévérant : Je pense qu'il ne faut pas s'arrêter aux blessures psychologiques qui sont un apprentissage incontournable pour espérer gravir les échelons. Tant que je n'aurai pas atteint mon but, je mettrai tout en œuvre pour arriver à mes fins. Je n'aime pas être pris en défaut, alors j'essaie au maximum de me remettre en question pour savoir où je me suis trompé et je recommence pour que ça marche.

Quand on voit le niveau international en arc à poulies, on s'aperçoit très facilement que les différences de points ne tiennent finalement à presque rien : qu'est-ce qui selon toi, permet justement de faire la différence entre plusieurs archers sur une compétition de niveau international?
Un seul petit point de plus apporte la victoire, comme partout. La différence se situe au niveau de performance réalisé, au contexte et à l'enjeu visé. Comme nous le répète notre coach Benoît Binon, si nous nous entraînons pendant des heures, si nous cherchons de la régularité dans la haute performance au cours de la saison, c'est pour acquérir un niveau de confiance en soi suffisant et gagner ce petit point de plus dans un moment difficile et dans un contexte comportant un enjeu important. Un entraînement régulier et structuré, la condition physique, la connaissance de soi, la lucidité sont selon moi, avec la confiance, les facteurs qui feront la différence.

Que penses-tu de l'arrivée du nouveau format de compétition à 50 mètres pour les phases finales arc à poulies et du format de cibles HIT / MISS? Est-ce que l'arc à poulies va vraiment devenir quelque chose de 'spectaculaire' avec ce nouveau format ?
Pourquoi pas ! C'est un nouveau challenge, il aura l'avantage de mettre tous les archers internationaux sur le même plan, aucun n'aura vraiment d'expérience dans ce format. C'est une autre présentation, plus visuelle et intelligible pour tous. Quand la flèche touche c'est bon, sinon ce n’est pas bon, quoi de plus simple ? Plus simple que l'explication des cordons, du nombre de points, du petit dix, du dix tout court. Avec les matchs sous forme de « set », une distance rapprochée, un compte de points plus facile à calculer et à voir sans posséder une longue vue performante, l'arrivée de grands écrans retransmettant l'image en temps réel, le côté spectaculaire prendra peut-être forme. Les matchs pourront être plus serrés en général, une très mauvaise flèche ne pénalisera plus un match comme l'ancien système, la bataille ne sera pas perdue et c'est ce qui fait aussi le spectacle. Affaire à suivre ...

Justement, est-ce que ce nouveau règlement va changer quelque chose à ta préparation voire à ton matériel ?
Oui je le pense, dans l'appréhension de la compétition, dans ma visualisation. Le blason change, la distance se rapproche à 50 mètres. Je suis beaucoup sur la sensation et l'image. Si je tire plus près, l'image de visée est modifiée, il y aura sûrement quelques modifications pour enrober le nouveau blason dans le scope. La hauteur de visette change sensiblement pour optimiser l'ancrage au visage, j'opterai peut-être pour une stabilisation plus lourde, plus sur l'arrière. Je vais peut-être chercher à tirer un tube plus raide, lourd pour gagner de la stabilité en vol au détriment de la vitesse… Côté 'touché ou manqué', là ça ne change rien.
Crois-tu, un jour ou l'autre, que l'arc à poulies fera son entrée au programme olympique?
Je l'espère ! Il le mériterait. Je crois qu'à la base les JO ont été créés pour les sports peu connus, peu médiatiques, et c'est le cas pour le tir à l'arc, aussi avec des poulies ! C’est une discipline à part entière qui comporte ses propres difficultés, sa beauté, ses particularités. Mettre au goût du jour un nouveau format de compétition exclusive pour l'arc à poulies permet une distinction claire entre les deux armes en vue d'introduire cette discipline aux Jeux. J’ai envie d'y croire et d'être optimiste !!!