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Damien Pigeaud ou l’histoire d’une renaissance …
Damien Pigeaud est sans doute un archer atypique. Depuis qu’il est junior son palmarès est très impressionnant et quand on rencontre l’homme aujourd’hui, on le sent toujours aussi motivé. Cet archer, sociétaire de la 1ère Compagnie de Rennes, n’a pas fini de nous étonner…
Propos recueillis par Didier Teste
Crédit photo : Louis Breton/FFTA
Nous allons commencer par une question classique… Je crois savoir que tu as commencé tôt le tir à l’arc ? Comment l’as-tu découvert ?
En 1993, j’avais donc neuf ans. J’ai débuté au club de Vannes, je suis originaire de là-bas et j’y habite toujours d’ailleurs. Pour moi, il y a eu l’effet Flute, j’ai été impressionné et puis mon frère en faisait aussi. Voilà pourquoi je me suis lancé dans le tir à l’arc.
Assez rapidement, tu obtiens des résultats et tu rentres au pôle de Compiègne. Ensuite tu passes par l’INSEP. Les choses s’enchaînent ? …
En effet, je vais au pôle de Compiègne en 2000, ensuite à l’INSEP l'année suivante … Tout va très vite, après un titre de Champion de France par équipe, je remporte le titre de Vice-champion du monde Junior en individuel et par équipe à 17 ans.
Et alors quelles sont tes impressions… ?
Six mois seulement après être rentré au Pôle, c’est gigantesque, mais peut-être trop rapide ! Une belle chute s’en est suivie ! Ce n’est pas facile à assumer quand on n’est pas préparé à un double titre de Vice-champion du monde. J’étais habitué, préparé à faire des points mais pas comme ça, pas à ce point là !
Finalement, ce titre n’est pas un cadeau !
Sur le coup oui ! Un an plus tard, après réflexion, ce n’est pas évident à assumer. Je n’étais pas prêt. Il faut avoir les épaules larges pour porter le titre, on est attendu au tournant. Ensuite c’est le passage à vide, deux années de galère, très difficiles et là, j’annonce que j’arrête : c’était à la fin de 2003. En fait je n’arrivais pas à me projeter pour les Jeux Olympiques. Je me trouvais trop jeune et je n’étais pas prêt. Et puis pour moi, le titre de Vice-champion du monde, c’était le haut de la pyramide, le maximum. J’avais le sentiment d’avoir tout fait… Qu’est-ce que je pouvais obtenir de plus ? Ensuite je pars dans le Midi pour mon travail d’animateur sportif et j’ai un accident là bas, à l'épaule, donc de la rééducation. C’est l’autre raison pour laquelle j’ai arrêté. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Physiquement, mentalement, je n’avais plus envie, je ne pouvais plus…
Arrêt brutal, donc …
Oui et non. En tant qu’animateur sportif, je restais en contact avec le tir. J’ai tenu un stand tous les jours pendant trois ans. Alors je tirais avec un arc en bois à 10 mètres. Après la séance d’initiation, je restais une demi-heure, trois quart d’heure à tirer pour moi. Juste pour le physique. Je me faisais plaisir, je n’avais aucune pression et personne ne me connaissait.
Cette coupure a été bénéfique finalement ?
L’avantage de cette coupure c’est qu’elle provoque un changement de mentalité. Ma vision du tir à l’arc a changé. Avant, par exemple je ‘’jouais ma vie’’ sur les pas de tir ! Aujourd’hui, je cherche juste à me faire plaisir. La pression n’est pas la même, par exemple après la compétition de Nîmes au début de l’année et malgré la claque que j’ai reçu, on me voit sourire … Le tir à l’arc maintenant, c’est juste une passion, je suis plus détaché. Je peux aborder les choses sereinement. La performance sans le plaisir, je n’en veux plus, ça ne marche pas d’ailleurs.
Et la suite, alors ? …
J’ai repris en octobre 2007 la salle et j’ai participé à quelques compétitions pour faire les quotas. J’ai eu des scores de 575 – 577 mais à chaque compétition j’augmentais mes scores. C’était progressif et aujourd’hui encore, je progresse, le niveau augmente. En mars 2008, j’étais à Turin au Championnat d’Europe.
Quelles ont été tes impressions de te retrouver en Italie pour ce Championnat ? Beaucoup de pression ?
Cela me rappelle des souvenirs, mais pas de pression ! Zéro ! Je venais pour le plaisir. J’avais aussi envie de faire quelque chose en équipe, je savais qu’on pouvait gagner et c’était mon objectif premier. Et nous terminons sur la plus haute marche ! En individuel, je ne savais pas trop où me placer, c’était la reprise, cela ne me semblait pas évident. Par contre, j’ai vécu ce moment, j’ai pris plaisir à le vivre.
Après les saisons s’enchaînent ?
Ensuite je fais un peu de FITA mais je n’avais pas les moyen de faire des déplacements lointains malgré l’aide du club de Vannes, j’ai donc décidé de faire du Tir en Campagne. J’ai tout misé dessus ! Et quand on s'investit, ça paye, j’ai terminé Champion de France l’année dernière. Fin novembre 2008, j'ai attaqué la saison salle avec une approche différente. J'ai réalisé une moyenne nationale de 590 et un record de Bretagne à la clef. Ensuite, c'est le championnat du monde à Rzeszow en Pologne. J'ai eu du mal à démarrer mais j’ai su me reprendre. J’ai réalisé un bon championnat. 5ème, c'est une très bonne place, mais je passe à un cheveu du podium. J'ai donc quelques regrets même si je ne devrais pas en avoir, je dois me satisfaire de ça. Il faut que j’arrive à me mettre ça en tête !